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Quand la souffrance ne consulte pas :

  • Photo du rédacteur: Muriel Pélas
    Muriel Pélas
  • 20 mars
  • 13 min de lecture

Dernière mise à jour : 23 mars


Quand la souffrance ne consulte pas : aide psy conjoint Nantes

Par Muriel Pélas · Psychopraticienne certifiée MIGS · Psychologie Positive · 12 ans d’expérience


« Je ne suis pas déprimé. Je gère. » — Lui, 45 ans, deux whiskys par soir et un couple au bord du gouffre.

« Je ne suis pas en colère. Je suis fatiguée. » — Elle, 39 ans, trois kilos de plus par mois et un sentiment de vide qui ne part pas.


Personne n’est épargné. Ni les hommes, ni les femmes. La souffrance psychologique qui ne trouve pas le chemin de la thérapie ne disparaît pas. Elle se déplace. Elle prend d’autres formes. Et ces formes, la recherche les connaît très bien : elles sont différentes selon le genre — mais tout aussi destructrices.


Cet article n’est pas là pour désigner des coupables. Il est là pour nommer ce que beaucoup vivent sans le comprendre. Parce que nommer, c’est le premier pas pour transformer.



1. Deux manières de souffrir — mais pas deux cases étanches


La recherche en psychologie distingue deux grands registres de réponse à la souffrance. Le registre internalisé : la souffrance se retourne vers soi (dépression, anxiété, troubles alimentaires, rumination, auto-culpabilisation). Le registre externalisé : la souffrance se projette vers l’extérieur (abus de substances, agressivité, violence, comportements à risque, sur-travail).


Pendant longtemps, la littérature a présenté ces registres comme genrés : les femmes internalisent, les hommes externalisent. Les statistiques de départ soutiennent cette tendance — les femmes sont effectivement surreprésentées dans la dépression et l’anxiété, les hommes dans les addictions et la violence. Mais cette lecture est incomplète. Et elle est dangereuse.


Dangereuse, parce qu’elle masque la réalité : chaque être humain traverse les DEUX registres. L’homme aussi internalise — dépression silencieuse, automutilation, suicide comme retournement contre soi. La femme aussi externalise — alcool, violence, destruction. Ce que la socialisation crée, c’est un point de départ, un mode par défaut. Pas une prison. Et quand le mode par défaut s’épuise, chacun bascule dans l’autre registre.


Ce qui reste vrai dans tous les cas : la compensation — qu’elle soit internalisée ou externalisée, masculine ou féminine — évite le vrai travail. Celui de regarder ses empreintes en face.


Références : Smith D.T., Mouzon D.M., Elliott M. (2018). Reviewing the Assumptions About Men’s Mental Health. American Journal of Men’s Health. / Rosenfield S. & Mouzon D. (2013). Gender and Mental Health. In: Handbook of the Sociology of Mental Health, Springer.



2. Quand les hommes compensent : l’explosion vers l’extérieur


L’homme qui ne consulte pas ne reste pas immobile. Sa souffrance trouve des sorties — toutes plus coûteuses les unes que les autres.


L’alcool et les drogues : les hommes sont trois fois plus susceptibles que les femmes de développer une dépendance à l’alcool, et trois fois plus susceptibles de déclarer un usage fréquent de drogues. Ce n’est pas de la fête. C’est de l’automédication. La recherche sur la « dépression masculine » montre que la consommation de substances est souvent le masque d’un état dépressif non diagnostiqué — parce que les symptômes masculins de la dépression (colère, irritabilité, prise de risque, retrait) ne correspondent pas aux critères classiques du diagnostic.


Le sur-travail : travailler 60 heures par semaine n’est pas un signe de motivation. C’est souvent un évitement. Les études montrent que les heures de travail excessives sont associées aux symptômes externalisés de la dépression. L’homme se noie dans le travail pour ne pas sentir le vide — et quand il rentre, il n’a plus rien à donner à son couple ni à ses enfants.


La violence : en France en 2024, 107 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint — en hausse de 11 % en un an. 80 % des auteurs de violences conjugales sont des hommes. 376 000 femmes ont été victimes de violences physiques, verbales, psychologiques ou sexuelles au sein du couple en 2023. Pour un tiers de ces victimes, le conjoint était sous l’emprise de l’alcool ou de la drogue. Derrière ces chiffres, il y a des hommes dont la souffrance non traitée a éclaté en destruction. Ce n’est pas une excuse. C’est un mécanisme — et un mécanisme, ça se désamorce. En thérapie.


Le suicide : 75 % des suicides en France sont masculins. Les hommes meurent trois fois plus par suicide que les femmes dans le monde. Ce paradoxe — les femmes tentent plus, les hommes réussissent plus — traduit l’externalisation poussée à l’extrême : quand un homme passe à l’acte, c’est souvent avec une violence irréversible.


Le sport excessif et les comportements à risque : le sport est sain. Le sport compulsif est une fuite. Certains hommes utilisent l’effort physique comme seul régulateur émotionnel — ce qui fonctionne jusqu’à la blessure, l’épuisement, ou le moment où le corps dit stop.


Les violences sexuelles : les viols et agressions sexuelles sont commis à une écrasante majorité par des hommes. En 2024 en France, 122 600 victimes de violences sexuelles ont été enregistrées, dont 58 % sont des mineurs. Derrière le passage à l’acte, la recherche identifie systématiquement les mêmes facteurs : des traumas d’enfance non traités, un déficit d’empathie lié à des carences précoces, une incapacité à réguler les pulsions, et souvent une consommation de substances. Ce n’est ni une excuse ni une atténuation. C’est la preuve que les empreintes non traitées finissent par détruire au-delà de soi.


La pédophilie et le cycle de la violence : les études montrent que les victimes masculines d’abus sexuels dans l’enfance ont un risque significativement plus élevé de commettre des infractions sexuelles à l’âge adulte — jusqu’à 8 fois plus que la population générale. Ce n’est pas un destin — 95 % des victimes ne deviennent PAS des agresseurs. Mais c’est un signal d’alarme : quand la souffrance d’un garçon abusé n’est pas prise en charge, quand sa détresse est ignorée ou renvoyée au silence, le trauma peut se transformer en répétition. Le cycle de la violence se brise par un seul moyen : le travail thérapeutique. Ce travail que la société ne propose pas — ou que les hommes refusent.


Références : Walther A. et al. (2023). Masculine depression and its problem behaviors. European Archives of Psychiatry and Clinical Neuroscience. / Ministère de l’Intérieur, Féminicides et violences 2024. / Drury A. et al. (2019). Childhood sexual abuse and subsequent sexual offending. Child Abuse & Neglect. / Ogloff J. et al. (2012). Child sexual abuse and subsequent offending. Sexual Abuse, 24(6). / OMS, données suicides.



3. Quand les femmes compensent : l’implosion vers l’intérieur


Les femmes consultent davantage que les hommes — c’est vrai. Mais « davantage » ne veut pas dire « toutes ». Et même celles qui consultent ne sont pas à l’abri des mécanismes de compensation. Car la femme aussi apprend à souffrir « correctement » : en silence, avec le sourire, en portant les autres.


Les troubles alimentaires : les études montrent que la suralimentation émotionnelle et les crises de boulimie sont fréquentes chez les personnes faisant face à la dépression, tandis que les comportements compensatoires (vomissements, laxatifs, exercice excessif) servent à diminuer l’anxiété — particulièrement chez les femmes, qui subissent une pression sociale plus forte liée à l’apparence. Manger pour combler un vide émotionnel, ou se restreindre pour reprendre le contrôle : deux faces de la même pièce.


Les psychotropes sur ordonnance : les femmes sont presque deux fois plus susceptibles que les hommes de se voir prescrire des médicaments psychotropes (antidépresseurs, anxiolytiques, somnifères), indépendamment de la classe sociale ou du diagnostic. La France est le premier consommateur d’anxiolytiques au monde. Derrière ces ordonnances, il y a souvent une souffrance réelle — mais traitée par la chimie sans que la cause soit jamais explorée.


L’auto-culpabilisation et la rumination : la recherche montre que les femmes utilisent davantage le « self-blame » comme stratégie de coping : « c’est ma faute, j’aurais dû faire mieux, je ne suis pas assez. » Cette auto-culpabilisation est directement associée à des niveaux plus élevés d’anxiété. La femme ne casse rien autour d’elle. Elle se casse elle-même, de l’intérieur.


Le sur-contrôle : le besoin de tout maîtriser — les enfants, la maison, l’emploi du temps, l’image du couple — est souvent une réponse à l’anxiété. Quand le monde intérieur est chaotique, on tente de contrôler le monde extérieur. Mais le contrôle épuise. Et il étouffe ceux qui vivent autour.


L’automutilation et les conduites à risque silencieuses : l’automutilation est plus fréquente chez les femmes et les adolescentes. Les tentatives de suicide sont plus nombreuses chez les femmes que chez les hommes (même si les hommes décèdent plus). La souffrance féminine, quand elle éclate, se retourne contre le corps — le propre corps. Pas celui de l’autre.


La dépendance affective et l’oubli de soi : beaucoup de femmes compensent leur souffrance en se dévouant totalement à l’autre. Le « care » excessif — s’occuper de tout le monde sauf de soi — est socialement valorisé chez les femmes. Il est pourtant l’un des mécanismes d’évitement les plus efficaces : tant que je m’occupe des autres, je n’ai pas à regarder ce qui me fait mal.


Références : Frontiers in Psychiatry (2021). Gender-Dependent Associations of Anxiety and Depression with Eating Disorder Psychopathology. / Altemus M. et al. (2014). Sex differences in anxiety and depression clinical perspectives. PMC. / Kelly S.M. et al. (2015). Sex differences in coping strategies. PMC.



4. Quand l’internalisation craque : la bascule féminine


Il serait faux de croire que les femmes restent indéfiniment dans l’implosion silencieuse. L’internalisation a une limite. Quand les stratégies de compensation s’épuisent — quand le contrôle ne tient plus, quand les médicaments ne suffisent plus, quand l’épuisement atteint l’os — la femme aussi bascule vers l’externalisation. Et la recherche le documente clairement.


L’alcool comme point de rupture : les femmes qui boivent de manière excessive ont un risque jusqu’à 5 fois plus élevé de blessure violente que celles qui ne boivent pas. Une étude américaine a montré que la consommation épisodique excessive prédisait les blessures violentes uniquement chez les femmes, pas chez les hommes. Autrement dit : quand une femme bascule dans l’alcool, les conséquences sont proportionnellement plus brutales.


Le cercle vicieux violence-substances : chez les femmes, la relation entre substances et violence conjugale est bidirectionnelle. L’usage de substances augmente le risque de subir des violences. Et subir des violences augmente l’usage de substances. La femme victime boit pour supporter, l’alcool la rend plus vulnérable, la violence augmente, elle boit plus. C’est une spirale dont il est quasi impossible de sortir seule.


La femme aussi est auteure de violence : les données sont sans ambiguïté. Sous l’effet de drogues, les femmes sont 2 fois plus susceptibles de perpétrer de la violence conjugale — un ratio supérieur à celui des hommes (1,4 fois). Les études en anthropologie, criminologie, psychologie et sociologie convergent : les femmes sont impliquées dans bon nombre des mêmes actes d’agression et de violence que les hommes, et l’usage de substances y joue un rôle central. La violence psychologique, la manipulation, l’utilisation des enfants comme arme contre le partenaire sont des formes de violence moins visibles mais tout aussi destructrices.


Le mécanisme de bascule :

  • phase 1 : la femme internalise (anxiété, culpabilité, troubles alimentaires, psychotropes, oubli de soi).

  • Phase 2 : les stratégies d’internalisation craquent (burnout, effondrement, épuisement total).

  • Phase 3 : bascule vers l’externalisation — alcool, drogues, violence physique ou psychologique, abandon, conduites à risque.


Ce n’est pas une question de genre. C’est une question de seuil. Tout être humain, homme ou femme, finit par externaliser quand l’internalisation ne suffit plus à contenir la douleur.


Références : Testa M. et al. (2003). The role of women’s substance use in vulnerability to partner violence. PMC. / Crane C.A. et al. (2017). Acute alcohol use on female perpetration of aggression. / Hien D. et al. (1998). Women, violence with intimates, and substance abuse. American Journal of Drug and Alcohol Abuse.



5. L’angle mort : quand les hommes aussi internalisent


On associe spontanément l’homme à l’externalisation. Mais c’est une vision incomplète. Les hommes aussi internalisent — et c’est précisément parce que cette internalisation est invisible qu’elle tue.


L’automutilation masculine : contrairement aux idées reçues, les recherches récentes montrent que les taux d’automutilation non suicidaire sont comparables entre hommes et femmes chez les adultes. Il n’y a pas de différence significative dans la fréquence, la gravité médicale ou l’impulsivité de l’automutilation entre les sexes. La différence : les hommes rapportent moins d’envies conscientes d’automutilation et utilisent moins la régulation émotionnelle comme fonction de leur geste. Autrement dit : ils se font du mal sans même savoir pourquoi. L’automutilation masculine est un trou noir clinique — elle existe, mais personne ne la cherche.


Le suicide comme internalisation ultime : le suicide masculin n’est pas qu’une externalisation violente. C’est aussi la forme extrême de l’internalisation : quand un homme retourne toute sa souffrance contre lui-même, sans un mot, sans un appel à l’aide. Les facteurs de risque les plus forts du suicide masculin sont la dépression, la dépendance à l’alcool et aux drogues, et le fait d’être célibataire, séparé ou divorcé. Ce profil est celui de l’homme isolé qui n’a jamais appris à demander de l’aide. 40 % des hommes disent qu’ils ne consulteraient QUE s’ils avaient des pensées suicidaires. Autrement dit : la souffrance quotidienne ne compte pas. Et quand les pensées suicidaires arrivent, souvent il est trop tard.


La dépression silencieuse : les hommes souffrent de dépression autant que les femmes — mais elle prend des formes différentes. Irritabilité chronique, retrait social, perte d’intérêt pour tout, insomnie, douleurs physiques sans cause, consommation d’écrans ou de jeux vidéo compulsive. Ces symptômes ne cochent pas les cases du diagnostic standard de la dépression — qui a été conçu à partir des symptômes féminins. Résultat : l’homme est diagnostiqué avec le comportement (alcoolisme, trouble du sommeil) plutôt qu’avec la cause (dépression). Il souffre en silence, convaincu qu’il n’est « pas déprimé, juste fatigué ».


Le « paradoxe de genre » du comportement suicidaire résume tout : les femmes tentent davantage, les hommes meurent davantage. Les femmes internalisent par défaut mais finissent par externaliser. Les hommes externalisent par défaut mais internalisent en silence — jusqu’au geste irréversible. Les deux genres traversent les deux mécanismes. La frontière n’est pas étanche.


Références : Victor S.E. et al. (2018). Characterizing gender differences in nonsuicidal self-injury. PMC. / Rice S.M. et al. (2018). Male Depression Subtypes and Suicidality. Canadian Journal of Psychiatry. / Coleman D. (2015). Traditional masculinity as a risk factor for suicidal ideation. Journal of Men’s Studies. / Schrijvers D. et al. (2012). The gender paradox in suicidal behavior. Journal of Affective Disorders.



6. Pourquoi les cases genrées ne tiennent pas — et ce que ça change


Si vous avez lu les quatre sections précédentes, vous avez déjà compris : le modèle « hommes = externalisation, femmes = internalisation » est un point de départ statistique, pas une vérité clinique. La souffrance humaine ne respecte pas les cases. Chaque personne possède un mode de compensation par défaut, forgé par sa socialisation de genre et ses empreintes d’enfance. Mais ce mode par défaut n’est qu’un premier réflexe. Quand il s’épuise, la personne bascule dans l’autre registre.


C’est pour cette raison que les approches thérapeutiques qui mettent les gens dans des cases genrées échouent. L’homme qu’on traite uniquement pour son « problème d’alcool » sans voir la dépression silencieuse dessous. La femme qu’on médicamente pour son « anxiété » sans entendre la colère refoulée. Dans les deux cas, on traite le symptôme visible — pas la cause.


En Approche MIGS, il n’y a pas de case genrée. Le Bilan 360° explore les 5 dimensions (Mental, Physique, Émotionnel, Relationnel, Sens) de la personne — pas du « genre ». Les empreintes sont individuelles. La souffrance est individuelle. Et le chemin de réparation l’est aussi.


Ce qui est universel, en revanche, c’est le mécanisme : des empreintes non traitées qui cherchent une sortie. La sortie diffère selon la personne, son histoire, sa socialisation. Mais la source est toujours la même. Et le remède aussi : oser regarder, nommer, transformer. En thérapie.



7. Le coût du silence : ce que ça fait aux enfants, au couple, à la société


Les enfants sont les premiers témoins — et les premiers héritiers. Un père qui compense par l’alcool et le retrait émotionnel transmet à ses fils le modèle du silence, et à ses filles l’idée que les hommes ne sont pas fiables. Une mère qui compense par l’hyper-contrôle et l’oubli de soi transmet à ses filles le modèle du sacrifice, et à ses fils l’idée que les femmes sont épuisantes.


En 2024 en France, 148 enfants sont devenus orphelins suite à des féminicides conjugaux, dont 26 étaient témoins directs. 450 100 victimes de violences physiques ont été enregistrées, dont 23 % de mineurs. Plus de la moitié de ces violences sont commises dans le cadre intrafamilial.


Ce ne sont pas des faits divers. Ce sont les conséquences mesurables d’une société où la souffrance psychologique n’est pas prise en charge à temps. Les empreintes se transmettent de génération en génération. Ce qu’on ne répare pas chez soi, on le lègue à ses enfants.



8. Le biais du diagnostic : pourquoi la médecine ne voit pas la même chose chez lui et chez elle


La recherche a mis en lumière un problème systémique : les outils de diagnostic psychiatrique ont été conçus principalement à partir des symptômes féminins de la dépression. La tristesse, les pleurs, la perte d’intérêt, l’insomnie — ce sont les critères classiques. Mais la dépression masculine se manifeste souvent autrement : irritabilité, colère, prise de risque, abus de substances, retrait social. Ces symptômes ne « cochent pas les cases » du diagnostic standard.


Résultat : l’homme est diagnostiqué avec le comportement (alcoolisme, trouble du comportement) plutôt qu’avec la cause émotionnelle sous-jacente (dépression). Et la femme est sur-diagnostiquée et sur-médicamentée pour de la détresse qui pourrait relever d’un accompagnement thérapeutique plutôt que d’une ordonnance.


Dans les deux cas, le même manque : un espace où la personne peut explorer ce qui se passe vraiment — au-delà des symptômes, au-delà des compensations, jusqu’aux empreintes qui pilotent tout.


Références : Shi P. et al. (2021). A Hypothesis of Gender Differences in Self-Reporting Symptom of Depression. PMC. / AAMC, Griffith et al. (2024). Men and Mental Health: What Are We Missing.



9. Ce que la thérapie change — quand on accepte d’y aller


La bonne nouvelle, c’est que lorsque les hommes ET les femmes font le travail thérapeutique, les résultats sont comparables. Les études montrent que les hommes bénéficient autant de la psychothérapie que les femmes. Certaines recherches suggèrent même que les hommes répondent particulièrement bien à la thérapie interprétative — celle qui va chercher les causes profondes.


En Approche MIGS combinée à la Thérapie Conjugale Positive, le travail porte sur les 5 dimensions (Mental, Physique, Émotionnel, Relationnel, Sens) et cible précisément les empreintes qui alimentent les compensations. Que vous soyez l’homme qui se noie dans le travail ou la femme qui se noie dans le contrôle, le point de départ est le même : comprendre ce qui vous pilote à votre insu.


Pour les hommes : le Bilan MIGS 360° (387 questions, 5 dimensions) est souvent le déclencheur. Ce n’est pas « parler de ses émotions » — c’est une cartographie concrète, structurée, avec des résultats mesurables. Exactement ce qui correspond au besoin masculin de comprendre et d’agir.


Pour les femmes : le travail porte souvent sur l’arrêt du sacrifice de soi, la reconnaissance que prendre soin de soi n’est pas de l’égoïsme, et la libération des empreintes de « bonne fille », de « femme forte », de « mère parfaite » qui épuisent depuis des années.


Pour le couple : quand les deux comprennent que leur manière de compenser est différente mais que la source est la même, le regard change. On ne se bat plus contre l’autre. On se bat ensemble contre les empreintes.



10. Un jardin intérieur — pour chacun


Nous avons tous un jardin intérieur. Des racines solides plantées par ce qui nous a nourris. Des zones en friche là où les empreintes ont stérilisé le sol. Des graines qui attendent d’être arrosées.


L’homme qui compense par l’alcool a un jardin. La femme qui compense par l’oubli de soi a un jardin. L’adolescent qui se scarifie a un jardin. La mère qui contrôle tout a un jardin. Le père absent a un jardin. La femme qui mange pour combler le vide a un jardin.


La thérapie, ce n’est pas réparer ce qui est cassé. C’est apprendre à cultiver ce qui est là — et arrêter d’arroser les mauvaises herbes.

Dallaire le disait pour le couple : arrosez les fleurs, pas les mauvaises herbes. C’est vrai aussi pour soi-même.



« La souffrance ne disparaît pas quand on refuse de la regarder. Elle change de forme. Chez lui, elle explose. Chez elle, elle implose. Puis inversement. Dans les deux cas, c’est le couple, les enfants, et soi-même qui paient le prix. Le courage, c’est de s’arrêter et de regarder. »



Muriel Pélas

Psychopraticienne certifiée MIGS · Thérapie Conjugale Positive (Yvon Dallaire) · 12 ans d’expérience

Cabinet Espace Baya · 1 rue du Guesclin · Nantes centre

Accompagnement individuel et couple · au cabinet, à domicile ou en visio

Contact par téléphone 07 63 40 30 08

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