Confiance en soi : ce n’est pas une question de volonté
- Muriel Pélas

- 20 mars
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 6 avr.

Par Muriel Pélas · Psychopraticienne certifiée MIGS · 12 ans d’expérience
« Je sais que je suis compétente. Mais au moment de parler en réunion, c’est comme si une voix me disait : tu n’es pas légitime. » — En séance.
Le manque de confiance en soi n’est pas un problème de personnalité. C’est un programme émotionnel — une empreinte — installée très tôt dans votre histoire, qui continue de tourner en arrière-plan comme un logiciel obsolète. Et ce programme, ce n’est pas avec des affirmations positives devant le miroir que vous allez le réécrire.
1. D’où vient le manque de confiance en soi ?
Les neurosciences et la théorie de l’attachement montrent que l’estime de soi se construit dans les premières années de vie, à travers le regard de vos figures d’attachement. Un enfant qui reçoit un regard valorisant, stable et cohérent développe une base de sécurité interne : « je suis digne d’être aimé(e), je suis capable. »
Un enfant qui reçoit un regard critique, absent ou conditionnel (« je t’aime quand tu es sage / quand tu réussis ») développe l’empreinte opposée : « je ne suis pas assez. » Cette empreinte s’inscrit dans le système limbique et le système nerveux autonome — pas dans le cortex préfrontal. C’est pour ça que vous pouvez « savoir » intellectuellement que vous êtes compétent(e) et ressentir le contraire.
2. Les visages du manque de confiance en soi
Le manque de confiance ne se manifeste pas de la même façon chez tout le monde. Voici les formes les plus fréquentes que je rencontre en séance :
Le syndrome de l’imposteur : vous réussissez, mais vous êtes convaincu(e) que c’est un coup de chance. Chaque succès renforce paradoxalement la peur d’être « démasqué(e) ». Votre cortex préfrontal accumule les preuves de compétence, mais votre amygdale continue de déclencher l’alerte.
L’auto-sabotage : vous évitez les opportunités, vous procrastinez, vous abandonnez juste avant de réussir. Ce n’est pas de la paresse — c’est votre système nerveux qui vous protège d’un échec qu’il anticipe comme catastrophique, parce que l’empreinte dit : « si j’échoue, je ne vaudrai plus rien. »
La difficulté à dire non : vous acceptez tout, vous vous sur-adaptez, vous mettez vos besoins en dernier. L’empreinte sous-jacente est souvent : « pour être aimé(e), je dois être utile. » Poser une limite déclenche la peur du rejet — une peur installée bien avant votre vie adulte.
La comparaison permanente : vous vous mesurez constamment aux autres — et vous perdez à chaque fois. Les réseaux sociaux amplifient ce mécanisme, mais ils ne l’ont pas créé. L’empreinte est celle d’un enfant qui n’a jamais été regardé pour ce qu’il était, mais toujours comparé à ce qu’il devrait être.
L’anxiété sociale : prendre la parole en public, aller vers les autres, participer à un événement — tout cela déclenche une angoisse disproportionnée. Ce n’est pas de la timidité — c’est une hyperactivation de l’amygdale face aux situations de jugement social, alimentée par l’empreinte de non-légitimité.
Le perfectionnisme paralysant : vous ne lancez rien tant que ce n’est pas parfait — c’est-à-dire jamais. Le perfectionnisme n’est pas une qualité : c’est une stratégie de protection contre le jugement. Si c’est parfait, on ne pourra pas me critiquer. L’empreinte dit : « l’erreur est dangereuse. »
Tous ces visages ont un point commun : ce ne sont pas des problèmes de personnalité. Ce sont des programmes émotionnels. Et un programme, ça se réécrit.
3. Pourquoi les « exercices de confiance en soi » ne marchent pas longtemps
Répéter « je suis formidable » devant un miroir, c’est du top-down : vous essayez de convaincre votre cortex préfrontal d’envoyer un message au système limbique. Mais l’empreinte est stockée en bottom-up : dans le corps, dans les réactions automatiques, dans le système nerveux. L’information ne passe pas.
C’est pourquoi vous pouvez vous sentir boostée après un stage de développement personnel… et retrouver exactement le même doute trois semaines plus tard. Le programme n’a pas été modifié à sa source.
4. Ce que dit la science
Les personnes avec une haute estime de soi montrent une forte connectivité entre le cortex préfrontal dorsolatéral (dlPFC) et le cervelet, et une activité plus élevée du dlPFC avec une amygdale plus calme face aux menaces (Taylor et al., 2008)
Les personnes avec une basse estime de soi montrent une hyperactivité du cortex cingulaire antérieur face au feedback négatif (Somerville et al., 2010, Cerebral Cortex) — leur cerveau réagit de façon exagérée au rejet
La théorie du sociomètre (Leary, 1995) : l'estime de soi fonctionne comme un "capteur social" dans le cerveau qui surveille en permanence notre degré d'acceptation/rejet par les autres
Le cortex orbitofrontal (OFC) est positivement associé à l'évaluation positive de soi (Yang et al., 2016)
Un faible volume de matière grise dans l'amygdale est associé à un manque de clarté du concept de soi (Wu et al., 2017)
5. Comment l’Approche MIGS reconstruit la confiance
Identifier l’empreinte : en séance, on remonte à l’origine du programme. Quel regard avez-vous reçu enfant ? Quelle croyance s’est installée ? Le Bilan de vie 360° MIGS permet de cartographier ces empreintes avec précision.
Retraiter l’émotion à sa source : l’EMDR et la stimulation bilatérale permettent de désactiver la charge émotionnelle liée aux souvenirs fondateurs. Quand le souvenir de l’enseignant qui vous a humilié(e) à 10 ans ne déclenche plus la même réaction corporelle, l’empreinte commence à se transformer.
Ancrer de nouvelles expériences : la confiance ne se décrète pas, elle se construit. En MIGS, on travaille sur les 5 valeurs innées de l’amour — dont le Respect (de soi) et la Croissance. L’objectif n’est pas de « devenir confiant(e) », c’est de ne plus être piloté(e) par une empreinte qui ne vous appartient pas.
Transmettre l’autonomie : les outils du Kit d’Autonomie MIGS vous permettent de reconnaître et désamorcer le programme au quotidien, sans dépendre d’un thérapeute.
« La confiance en soi n’est pas croire que vous pouvez tout faire. C’est ne plus croire que vous ne méritez rien. »
Muriel Pélas
Psychopraticienne certifiée MIGS · 12 ans d’expérience clinique
Cabinet Espace Baya · 1 rue du Guesclin · Nantes centre
Séances en cabinet, en visio, à domicile et en marche thérapeutique en nature
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