Burnout et les 5 signaux
- Muriel Pélas

- 19 mars
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 23 mars

Par Muriel Pélas · Psychopraticienne certifiée MIGS · 12 ans d’expérience
« Le burnout ne commence pas le jour où vous craquez. Il commence des mois avant — et c’est votre corps qui tire la sonnette d’alarme en premier. »
En France, 31 % des salariés déclarent avoir vécu un burnout. Le mot « burnout » dépasse désormais le mot « grippe » dans les recherches Google. La santé mentale est Grande Cause nationale 2025. Et pourtant, la plupart des personnes qui s’effondrent disent la même chose : « Je ne l’ai pas vu venir. »
C’est faux. Elles ne l’ont pas écouté. Parce que les premiers signaux du burnout ne sont pas psychologiques. Ils sont physiques. Votre corps vous prévient — si vous savez lire ses messages.
Ce qui se passe dans votre cerveau et votre corps
Le burnout est un syndrome d’épuisement causé par un stress professionnel chronique. Au niveau neurobiologique, voici la séquence : dans les premiers stades, l’axe HPA (hypothalamus-hypophyse-surrénales) est en hyperactivité — le cortisol est élevé, le système nerveux sympathique tourne à plein régime. Vous tenez. Vous sur-performez même.
Puis, après des mois d’exposition, le système s’épuise. L’axe HPA bascule en hypoactivité : le cortisol s’effondre, le système parasympathique ne compense plus, et le BDNF (Brain-Derived Neurotrophic Factor — une protéine essentielle à la plasticité cérébrale) diminue significativement. C’est là que les fonctions cognitives déclinent : mémoire, concentration, capacité de décision.
Sources : Frontiers in Neuroscience, 2020 ; Jonsdottir & Sjörs Dahlman, 2019 ; Bärtl et al., Psychoneuroendocrinology, 2024.
Signal n°1 — La fatigue qui ne passe plus
Pas la fatigue d’une mauvaise nuit. Celle qui est là au réveil, même après 8 heures de sommeil. Celle qui ne cède ni au café, ni au week-end, ni aux vacances. C’est le signe que votre système nerveux est en hypoactivité — il n’a plus les ressources pour récupérer normalement. C'est de l'épuisement.
Ce que dit la recherche : dans le burnout avancé, l’activité parasympathique (celle du repos et de la récupération) est significativement réduite. Votre corps a « oublié » comment se reposer.
Signal n°2 — Les troubles du sommeil
Vous vous endormez difficilement, ou vous vous réveillez entre 3h et 5h du matin avec le cerveau qui tourne à plein régime. Ces réveils nocturnes correspondent à un pic de cortisol décalé — votre horloge biologique est déréglée par le stress chronique.
Ce que dit la recherche : le burnout est associé à une variation diurne du cortisol aplatie et à une sécrétion irrégulière de mélatonine. Le sommeil n’est plus réparateur parce que les cycles biologiques sont désynchronisés.
Signal n°3 — Les douleurs sans cause médicale
Mal de dos chronique. Douleurs dans la mâchoire (bruxisme). Migraines de tension. Troubles digestifs. Vous avez fait des examens : « tout est normal ». Mais la douleur est là. C’est votre système nerveux qui somatise — il convertit la surcharge émotionnelle en signaux corporels.
Ce que dit la recherche : le stress chronique provoque une augmentation des marqueurs inflammatoires (cytokines pro-inflammatoires) et une tension musculaire persistante via l’activation prolongée du système nerveux sympathique.
Signal n°4 — Le brouillard cognitif
Vous oubliez des mots. Vous relisez trois fois le même paragraphe. Vous n’arrivez plus à prendre de décisions simples. Vous perdez vos clés, vos rendez-vous, le fil de vos phrases. Ce n’est pas de la bêtise ni du vieillissement — c’est la baisse du BDNF (Brain-Derived Neurotrophic Factor) et l’hypocortisolisme qui altèrent la plasticité cérébrale et la mémoire de travail.
Ce que dit la recherche : les niveaux de BDNF sont significativement plus bas chez les personnes en burnout que chez les sujets sains. Le BDNF corrèle négativement avec l’épuisement émotionnel et la dépersonnalisation.
Source : François et al., Progress in Neuro-Psychopharmacology and Biological Psychiatry, 2008.
Signal n°5 — Le détachement émotionnel
Vous ne ressentez plus rien. Ni joie, ni colère, ni tristesse. Vous fonctionnez en mode automatique. Les choses qui vous passionnaient ne vous font plus rien. Vos proches vous disent que vous êtes « distant(e) » ou « froid(e) ». C’est ce que Maslach appelle la « dépersonnalisation » — un mécanisme de protection du cerveau qui coupe l’accès aux émotions pour éviter la surcharge.
Ce que dit la recherche : l’étude de Golkar et al. (2014) a montré que les personnes en burnout présentent un amincissement du cortex préfrontal médial et de l’amygdale — les zones du cerveau qui régulent les émotions et l’empathie. Le cerveau se protège en réduisant littéralement sa capacité à ressentir.
Ce que l’Approche MIGS propose face au burnout
Le burnout n’est pas qu’un problème professionnel. C’est un dérèglement global qui touche les 5 dimensions : le mental (brouillard cognitif, perte de sens), le corps (épuisement, douleurs, sommeil), les émotions (détachement, irritabilité), les relations (isolement, conflits) et le sens (pourquoi je fais ce que je fais ?).
Réguler le système nerveux d’abord : respiration thérapeutique, body scan, marche en nature. Avant de « comprendre » le burnout, il faut sortir le corps de l’état d’urgence. La cohérence cardiaque réactive le nerf vague. La nature réduit le cortisol de 12 %. Le body scan réapprend au corps à sentir.
Traiter les empreintes sous-jacentes : le burnout touche souvent des personnes qui ont appris très tôt que leur valeur dépend de leur performance. L’empreinte « je dois être parfait(e) pour être aimé(e) » est un terrain fertile pour l’épuisement. L’EMDR et la stimulation bilatérale permettent de retraiter cette croyance à sa source.
Reconstruire le sens : en Approche MIGS, le pilier « Spirituel » ne signifie pas religieux. Il signifie : quel sens donnez-vous à votre vie ? Le burnout est souvent le signal que la réponse à cette question a disparu sous la charge de travail.
Transmettre l’autonomie : les 7 outils du Kit d’Autonomie MIGS, la Trousse thérapeutique, sont conçus pour que vous puissiez réguler votre système nerveux au quotidien, sans dépendre d’un thérapeute à vie.
Ce que vous pouvez faire dès maintenant
Le test des 3 questions : Répondez honnêtement :
(1) Est-ce que je suis fatigué(e) même après le repos ?
(2) Est-ce que je fonctionne en mode automatique au travail ?
(3) Est-ce que j’ai perdu le plaisir dans des choses qui me passionnaient ?
Si vous répondez oui à deux des trois, votre système est en surcharge.
La règle des 5 minutes : chaque jour, 5 minutes de cohérence cardiaque (inspirer 5 secondes, expirer 5 secondes). Pas pour « guérir ». Pour envoyer un premier signal à votre système nerveux : on peut ralentir.
Arrêtez de « tenir » : la phrase « ça va aller, je gère » est le carburant du burnout. Consulter n’est pas un aveu de faiblesse. C’est un acte de lucidité.
« Le burnout n’est pas une maladie de gens faibles. C’est une maladie de gens qui tiennent debout trop longtemps dans un contexte qui les épuise. »
Muriel Pélas
Psychopraticienne certifiée MIGS · 12 ans d’expérience
Cabinet Espace Baya · 1 rue du Guesclin · Nantes centre
Séances en cabinet, en visio, à domicile et en marche thérapeutique en nature
Contact par téléphone 07 63 40 30 08
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