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La Trousse thérapeutique : ce que la science dit de chaque outil

  • Photo du rédacteur: Muriel Pélas
    Muriel Pélas
  • 1 avr.
  • 17 min de lecture

Dernière mise à jour : 6 avr.

La Trousse thérapeutqiue de Muriel Pélas thérapeute à Nantes, visio, domicile et cabinet



Quand vous arrivez en séance, vous ne trouverez ni divan, ni bloc-notes posé sur un genou croisé. Vous trouverez des outils thérapeutiques : un journal, des crayons de couleur, de la pâte à modeler, un coussin de frappe, un bâton de rotin, des balles anti-stress et un mouchoir.


C'est la Trousse thérapeutique.

Elle est offerte à chaque patient. En présentiel, les outils sont présentés progressivement au fil des séances. En visio, elle est envoyée par courrier. Elle vous appartient : pour la séance, mais aussi pour la maison, entre les séances, à chaque moment où quelque chose a besoin de sortir.


Aucun de ces objets n'est là par hasard. Chacun repose sur des recherches en neurosciences, en psychologie clinique et en psychophysiologie. Voici ce que la science dit de ce que vous tenez entre vos mains.



Le journal introspectif : écrire pour réorganiser le cerveau


Le journal introspectif : bien plus qu'un carnet — un système thérapeutique structuré

Le journal de la Trousse — le « Journal de ma vie intérieure » — n'est pas un carnet de notes vierge. C'est un outil thérapeutique structuré qui combine trois dimensions complémentaires : des fiches de psychoéducation scientifique, des protocoles d'exercices thérapeutiques et des espaces d'écriture libre.


Pourquoi inclure de la psychoéducation dans un journal thérapeutique ?

La psychoéducation — le fait de transmettre au patient des connaissances scientifiques sur ce qui se passe dans son corps et dans son cerveau — est l'une des interventions psychothérapeutiques les mieux documentées. Une méta-analyse publiée dans ScienceDirect (2024), portant sur 23 essais contrôlés randomisés et 3 311 participants, confirme que les programmes intégrant de la psychoéducation réduisent significativement les symptômes dépressifs par rapport au traitement habituel (SMD = 0.24). Les Clinical Practice Guidelines publiées dans PMC (Basu et al., 2020) classent la psychoéducation comme un outil thérapeutique adjuvant dont l'efficacité pour améliorer l'adhésion au traitement, réduire les rechutes et renforcer le sentiment de contrôle du patient est solidement établie par la recherche.

Le mécanisme est précis : lorsqu'un patient comprend que son anxiété est le résultat d'une cascade neurochimique identifiable (cortisol, amygdale, système nerveux sympathique), il cesse de se percevoir comme « défaillant » et commence à se percevoir comme un organisme qui réagit de manière cohérente à son histoire.


Ce passage — de la honte à la compréhension — est en soi thérapeutique.


La recherche confirme que les patients qui comprennent les bases neurobiologiques de leur condition sont plus susceptibles d'adhérer activement au traitement, de reconnaître les signaux d'alerte précoce et de mettre en œuvre des stratégies d'autorégulation de manière autonome (Positive Mind Works, 2025 ; Psychology Tools).


Ce que contient le Journal de ma vie intérieure

Le journal intègre

  • des fiches de psychoéducation scientifique sur la communication corps-esprit (le réseau psycho-neuro-endocrino-immunitaire, ou réseau PINE),

  • les principales molécules émotionnelles (endorphines, dopamine, sérotonine, oxytocine, cortisol, neuropeptide Y),

  • le fonctionnement de l'amygdale et de l'hippocampe dans la formation des souvenirs émotionnels, et

  • les bases neurobiologiques de la respiration diaphragmatique.


Un tableau des émotions classées par famille (peur, tristesse, colère) et par intensité permet au patient de nommer avec précision ce qu'il ressent — un acte qui, en soi, réduit l'activation de l'amygdale (Lieberman et al., 2007, UCLA).


Le journal contient également

  • des fiches d'exercices thérapeutiques MIGS structurés : respiration thérapeutique,

  • préparation corporelle (L'Oiseau), marche thérapeutique, décharge, tremblement, initiation à la bilatéralité, écoute intérieure (lieu sûr),

  • fiche d'autotraitement avec échelle d'intensité de 0 à 10, fiche d'installation des ressources, et fiche de renforcement par image.


Ces protocoles — toujours accompagnés de la respiration thérapeutique — sont pratiqués en séance avec la thérapeute, puis reproduits en autonomie entre les séances.


La recherche sur les interventions combinant psychoéducation et développement de compétences (psychoeducation plus skill-building) les classe parmi les approches « bien établies » pour les personnes présentant une dysrégulation émotionnelle (Fristad et al., Archives of General Psychiatry, 2009 ; PubMed 2021).


Le principe est celui d'un chaînage : comprendre (psychoéducation), pratiquer (exercices structurés), intégrer (écriture libre et observations personnelles).


Enfin, des espaces d'écriture libre permettent au patient de déposer ses observations, ses prises de conscience et ses questionnements. Ce qu'il y notera servira de fil conducteur en séance.


Le Journal de ma vie intérieure n'est donc pas un carnet vide que le patient remplit seul. C'est un cadre scientifique et thérapeutique complet — psychoéducation, exercices structurés, écriture libre — dans lequel le patient devient acteur de son propre processus.


Références :

  • Méta-analyse psychoéducation et dépression (2024). ScienceDirect, 23 RCTs, 3 311 participants.

  • Basu, S. et al. (2020). Clinical Practice Guidelines for Psychoeducation in Psychiatric Disorders. Indian Journal of Psychiatry, PMC7001357.

  • Fristad, M. A. et al. (2009). Impact of multifamily psychoeducational psychotherapy in treating children aged 8 to 12 years with mood disorders. Archives of General Psychiatry, 66(9), 1013-1021.

  • Fristad, M. A. (2021). Psychoeducational and Skill-building Interventions for Emotion Dysregulation. PubMed 34053689.

  • Lieberman, M. D. et al. (2007). Putting feelings into words: Affect labeling disrupts amygdala activity. Psychological Science, 18(5), 421-428.

  • Pennebaker, J. W. & Evans, J. F. (2014). Expressive Writing: Words That Heal. Idyll Arbor.

  • Sohal, M. et al. (2022). Efficacy of journaling in the management of mental illness: a systematic review and meta-analysis. Family Medicine and Community Health, 10, e001154.



Les crayons de couleur : dessiner pour révéler, libérer, transformer


Les crayons de couleur de la Trousse ne servent pas à colorier. Ils servent à dessiner — et ce dessin est un outil thérapeutique à part entière, utilisé de trois manières distinctes en séance, chacune ancrée dans un mécanisme psychologique validé.


1. Le dessin projectif : quand une maison, un arbre et une rivière parlent de vous


En séance, le patient peut être invité à dessiner, sur une même page, une maison, un arbre, une rivière ou un personnage. Ce n'est pas un exercice artistique : c'est un test projectif. La manière dont ces éléments sont représentés — leur taille, leur position, leurs détails, leurs manques, les couleurs utilisé, etc — révèle des traits de personnalité, des conflits intérieurs et des états émotionnels que la parole seule ne capture pas toujours.


Cette approche est issue du test HTP (House-Tree-Person), développé par le psychologue clinicien John Buck en 1948. Selon une enquête de l'American Psychological Association portant sur 102 tests psychologiques, le HTP se classe au 8ᵉ rang des tests les plus utilisés. Une méta-analyse systématique publiée dans *Frontiers in Psychiatry* (2022), incluant 30 études et 6 295 participants, a identifié 50 caractéristiques de dessin récurrentes, dont 39 prédisent significativement la présence de troubles psychologiques.


Ce qui rend le test projectif puissant, c'est qu'il contourne les défenses conscientes. Là où un questionnaire peut être biaisé par la désirabilité sociale — le patient répondant ce qu'il pense devoir répondre — le dessin échappe à ce filtre. Comme le résume Hammer (1980) : « La page de dessin sert de canevas sur lequel le sujet esquisse un aperçu de son monde intérieur. »


La version synthétique du HTP (S-HTP), développée par Mikami au Japon en 1979, demande de dessiner tous les éléments sur une même feuille. Cette configuration permet d'analyser les relations spatiales entre les éléments — leurs distances, leurs superpositions, leurs absences — ce qui enrichit considérablement la lecture clinique.


2. Le trait continu au crayon noir : décharger le stress par le geste


À certains moments de la séance — quand la tension émotionnelle monte — le patient prend un crayon noir et le pose sur la feuille. Consigne : ne jamais lever le crayon. Le geste est libre, continu, sans objectif esthétique. C'est un gribouillage thérapeutique.


Cette technique, connue en art-thérapie sous le nom de « scribble drawing », a été développée par l'éducatrice artistique Florence Cane et formalisée comme intervention thérapeutique par sa sœur, Margaret Naumburg, pionnière de l'art-thérapie, dans son ouvrage *Dynamically Oriented Art Therapy*. Rubin (1984) décrit le scribble comme une technique permettant « d'accéder plus rapidement à des formes d'imagerie moins conscientes ».


Sur le plan neurophysiologique, le geste continu et rythmique engage une stimulation bilatérale du cerveau, similaire à celle utilisée en EMDR. Le mouvement répétitif induit un état de flow méditatif : l'attention se déplace des pensées anxiogènes vers la sensation physique du geste. Une étude menée à l'Université Drexel a montré que 75 % des participants voient leur taux de cortisol — l'hormone du stress — diminuer après 45 minutes d'activité artistique libre. Le scribble agit comme une soupape : les émotions anxieuses traversent le corps et se déchargent sur le papier.


McNamee (2003, 2004) a par la suite développé des protocoles d'art bilatéral intégrant le scribble au travail de traitement du trauma, en combinant l'expression artistique non verbale et le traitement cognitif verbal — exactement le chaînage utilisé dans l'approche MIGS.


3. Dessiner ses parents et les personnes qui ont pu vous blesser fortement, nommer le nocif, puis frapper : le cycle complet d'externalisation


C'est peut-être l'usage le plus singulier des crayons dans la Trousse. Le patient dessine les silhouettes de ses parents. Autour de chaque silhouette, il inscrit tout ce qui a été nocif, répétitif, destructeur : les phrases entendues, les schémas reproduits, les blessures héritées. Ce travail d'inscription est un acte d'externalisation — le patient sort littéralement de lui ce qui y est resté enfermé, parfois depuis l'enfance.


Ce processus s'inscrit dans la tradition des techniques projectives directives (Hammer, 1980 ; Naumburg, 2001) et des approches d'externalisation issues de la thérapie narrative (White & Epston, 1990) : nommer et matérialiser un schéma sur un support externe est le premier pas pour s'en distancier.


Puis, une fois la fiche complète — une fois que tout est dit, écrit, rendu visible — elle est posée sur le coussin de frappe. Et le patient frappe dessus avec le bâton de rotin.


Ce chaînage en trois temps — dessiner, nommer, frapper — est un cycle thérapeutique complet. Il ne s'agit pas de catharsis brute (ce que Bushman, 2002, a démontré comme contre-productif). Il s'agit d'un enchaînement guidé : externalisation cognitive (le dessin et l'écriture), matérialisation physique (la fiche posée sur le coussin), puis libération corporelle encadrée (la frappe accompagnée de la respiration profonde, sous supervision du thérapeute). L'émotion n'est pas évacuée dans le vide — elle est d'abord identifiée, puis incarnée, puis transformée.


C'est ce que les thérapies somatiques contemporaines (Levine, van der Kolk, Ogden) soutiennent : pour qu'une émotion soit réellement traitée, elle doit passer par le corps. Les crayons de couleur sont le premier maillon de cette chaîne.


**Références :**

- Buck, J. N. (1948). The H-T-P technique: A qualitative and quantitative scoring manual. *Journal of Clinical Psychology*, 4, 317-396.

- Méta-analyse HTP (2022). Analysis of the screening and predicting characteristics of the house-tree-person drawing test for mental disorders. *Frontiers in Psychiatry*, 30 études, 6 295 participants.

- Mikami, S. (1979). Développement du test S-HTP (Synthetic House-Tree-Person), Japon.

- Hammer, E. F. (1980). *The Clinical Application of Projective Drawings*. Charles C. Thomas.

- Naumburg, M. (2001). Spontaneous art in education and psychotherapy. *American Journal of Art Therapy*, 40(1), 46.

- Rubin, J. A. (1984). *The Art of Art Therapy*. Brunner/Mazel.

- McNamee, C. M. (2003, 2004). Using both sides of the brain: Experiences that integrate art and talk therapy through scribble drawings. *Art Therapy*, 21(3), 136-142.

- Kaimal, G. et al. (Drexel University). Réduction du cortisol par l'activité artistique.

- Bushman, B. J. (2002). Does Venting Anger Feed or Extinguish the Flame? *Personality and Social Psychology Bulletin*.

- White, M. & Epston, D. (1990). *Narrative Means to Therapeutic Ends*. W. W. Norton.



La pâte à modeler : la main comme voie d'accès à l'émotion


Quand les mots ne suffisent pas — et ils ne suffisent souvent pas — les mains prennent le relais. La pâte à modeler engage la voie sensorimotrice avant la voie cognitive. C'est précisément ce qui la rend efficace pour les émotions difficiles à verbaliser.


La recherche sur la « clay art therapy » (thérapie par l'argile) a été formalisée par Nan & Ho (2017) dans un essai contrôlé randomisé mené à Hong Kong. Leurs résultats, publiés dans un cadre de recherche clinique, montrent que six séances de thérapie par l'argile réduisent significativement les symptômes dépressifs, améliorent le fonctionnement quotidien et renforcent le sentiment de bien-être global. L'effet est supérieur à celui d'une intervention par les arts visuels non directive.

Ce qui distingue le travail avec la matière malléable, c'est son action sensorielle.


Selon Elbrecht (2012, 2015), le contact tactile avec l'argile ou la pâte stimule simultanément les extérocepteurs (récepteurs du toucher) et les intérocepteurs (récepteurs internes), et chaque mouvement de la main fournit un feedback immédiat au cerveau. Ce processus engage des zones corticales différentes de celles activées par la parole, permettant un accès non verbal aux processus psychologiques et sensorimoteurs.

Le modèle théorique sous-jacent est celui du « Expressive Therapies Continuum » (ETC), qui structure les niveaux d'engagement créatif du sensoriel vers le cognitif. La thérapie par la pâte adopte une approche « bottom-up » : on part de la stimulation kinesthésique et sensorielle pour remonter progressivement vers l'expression affective et cognitive.

En séance MIGS, la pâte à modeler permet de « donner forme » à ce qui est ressenti mais pas encore pensé. Modeler, écraser, reconstruire : c'est un travail qui passe par le corps pour rejoindre l'esprit.


Références :

  • Nan, J. K. M. & Ho, R. T. H. (2017). Clay art therapy on emotion regulation. Essai contrôlé randomisé, Hong Kong.

  • Elbrecht, C. (2012, 2015). Travaux sur les qualités somatosensorielles de l'argile en art-thérapie.

  • Ghosh, D. & Arya, Y. K. (2021). The Arts in Psychotherapy, 74, Article 101780.



Le coussin de frappe et le bâton de rotin : la libération corporelle encadrée de la colère


C'est l'outil le plus puissant de la Trousse — et celui qui exige le plus de cadre. Le coussin de frappe et le bâton de rotin servent à la libération corporelle de la colère.

Toujours accompagnée de la respiration. Toujours encadrée par un professionnel.

Cette précaution n'est pas un choix philosophique. Elle repose sur des données scientifiques solides.


Brad Bushman, professeur à l'Université d'État de l'Ohio, a démontré dans une série d'études (1999, 2002) que frapper un sac de frappe ou un oreiller SANS cadre thérapeutique peut augmenter la colère et l'agressivité ultérieure, au lieu de les réduire. Dans son étude de 2002 publiée dans Personality and Social Psychology Bulletin, les participants qui frappaient un sac en pensant à la personne qui les avait mis en colère (rumination) étaient ensuite PLUS agressifs que ceux qui n'avaient rien fait. La catharsis brute — frapper pour « se défouler » — renforce le lien neuronal entre colère et geste violent.


Le Dr Joël Monzée, docteur en neurosciences, professeur associé au département de psychiatrie de l'Université de Sherbrooke et directeur-fondateur de l'Institut du développement de l'enfant et de la famille, confirme ce mécanisme. Il explique que frapper systématiquement un coussin en réponse à la colère crée des connexions neuronales qui associent colère et violence. Les neurones qui s'activent ensemble se câblent ensemble (loi de Hebb). Sans accompagnement, on conditionne le cerveau à répondre à la frustration par le geste agressif.


Mais — et c'est le point essentiel — cela ne signifie pas que la décharge corporelle est inutile. Cela signifie qu'elle doit être ENCADRÉE. La psycho-boxe thérapeutique, telle qu'elle est pratiquée dans l'approche MIGS, se distingue radicalement de la catharsis brute sur trois points :

  1. La respiration : chaque frappe est synchronisée avec le souffle. Ce n'est pas un défoulement aveugle, c'est un geste conscient relié au système nerveux autonome.

  2. L'accompagnement professionnel : le thérapeute guide le processus, observe les réactions corporelles et émotionnelles, et oriente le travail vers la prise de conscience — pas vers l'entretien de la rage.

  3. L'intégration : le geste corporel est suivi d'une verbalisation et d'un travail de sens. L'émotion est libérée puis élaborée, pas simplement évacuée.

Le Dr Monzée propose par ailleurs des alternatives complémentaires : sauter, courir, crier dans un coussin, déchirer du papier — des gestes de décharge qui ne créent pas d'association directe entre colère et violence.


Références :

  • Bushman, B. J. (2002). Does Venting Anger Feed or Extinguish the Flame? Personality and Social Psychology Bulletin.

  • Bushman, B. J., Baumeister, R. F. & Stack, A. D. (1999). Catharsis, Aggression, and Persuasive Influence. Journal of Personality and Social Psychology, 76, 367-376.

  • Monzée, J. (dir.) (2014). Neurosciences, psychothérapie et développement affectif de l'enfant. Éditions Liber.

  • Monzée, J. Visioconférences et travaux sur la canalisation de la colère chez l'enfant et l'adulte. cerveauetpsychologie.com.



Les balles anti-stress : le toucher rythmique qui régule le système nerveux


Les balles anti-stress de la Trousse ne sont pas un gadget. Presser rythmiquement un objet souple dans la main active des mécanismes neurophysiologiques de régulation de l'anxiété.


Une étude de Blanc, Buisson, Kruck & Kostrubiec (2024), publiée dans Human Movement Science et menée à l'Université de Toulouse, a montré que le fait de presser rythmiquement une balle réduit l'anxiété (mesurée par le STAI-Y1) et l'activation physiologique (mesurée par l'activité électrodermale).


Les chercheurs expliquent ce mécanisme par la coordination haptique : la pression répétée des mains déclenche des bouffées inhibitrices de rythmes alpha qui protègent le système nerveux contre la suractivation (Cross-Villasana et al., 2015).


Un essai clinique randomisé en simple aveugle (Yüksel, 2024, publié dans Cardiovascular Therapeutics) a démontré que l'utilisation d'une balle anti-stress pendant une angiographie réduit significativement l'anxiété et la douleur des patients par rapport au groupe contrôle.


Une autre étude sur des patients en hémodialyse (2023, publiée dans PubMed) a montré une réduction statistiquement significative de l'anxiété (p < 0.001) et de la dépression (p < 0.001) lors des périodes d'utilisation de la balle, avec un effet persistant un mois après l'arrêt de l'utilisation.


Le mécanisme est cohérent avec la recherche en sport : Beckmann et collaborateurs (2013, 2021) ont montré que les joueurs de tennis qui pressent dynamiquement leur raquette résistent mieux à la pression de la compétition. Le geste auto-généré de pressage active des mécanismes de régulation émotionnelle similaires à d'autres formes de toucher auto-généré (caresser un animal, tricoter, s'auto-masser).


En séance, les balles sont utilisées pendant les moments de tension émotionnelle. Elles offrent un point d'ancrage sensoriel — une façon concrète de « tenir » quelque chose quand l'intérieur vacille.


Références :

  • Blanc, C., Buisson, J.-C., Kruck, J. & Kostrubiec, V. (2024). Haptic coordination: Squeezing a vibrating stress ball decreases anxiety and arousal. Human Movement Science, 96, 103220.

  • Cross-Villasana, F. et al. (2015). Rythmes alpha inhibiteurs et régulation de l'anxiété par le pressage des mains.

  • Yüksel, A. (2024). The Effect of Stress Ball on Anxiety and Pain Levels in Angiography. Cardiovascular Therapeutics.

  • Beckmann, J. et al. (2013, 2021). Travaux sur le pressage dynamique et la résistance au stress compétitif.



Le mouchoir : la permission de pleurer


Un mouchoir dans une trousse thérapeutique, ce n'est pas un accessoire pratique. C'est un message : ici, vos larmes sont les bienvenues.


Les neurosciences ont établi que les larmes émotionnelles sont chimiquement différentes des larmes réflexes (celles provoquées par un oignon ou le vent).

Elles contiennent des hormones de stress — cortisol, hormone adrénocorticotrope (ACTH) — et leur évacuation contribue littéralement à la détoxification physiologique du stress.


Plus important encore : pleurer déclenche la libération d'ocytocine et d'endorphines (opioïdes endogènes), deux substances qui soulagent la douleur physique et émotionnelle (Bylsma, Gračanin & Vingerhoets, 2019, publié dans Clinical Autonomic Research).

L'ocytocine, souvent appelée « hormone du lien », produit un effet de calme et de sécurité.

Les endorphines agissent comme des analgésiques naturels.

Le pleurer active également le système nerveux parasympathique — le système du repos et de la récupération — ce qui explique la sensation de soulagement ou d'apaisement souvent ressentie après avoir pleuré (Gračanin et al., 2014, PMC).


Mais un point crucial émerge de la recherche : les bénéfices du pleurer dépendent fortement du contexte. Bylsma (2019) a montré que les personnes se sentent mieux après avoir pleuré lorsqu'elles sont seules ou en présence d'une personne soutenante. En revanche, pleurer devant des personnes non soutenantes, ou dans un contexte de honte, aggrave le mal-être.


Une étude sur les pleurs en psychothérapie (Genova et al., 2021, publiée dans Psychotherapy) a examiné 106 patients et montré que lorsque les pleurs — même douloureux — sont suivis d'émotions plus positives ou moins négatives, les patients perçoivent l'alliance thérapeutique de manière plus positive et le changement thérapeutique est renforcé.


Le mouchoir dans la Trousse dit exactement cela : vous êtes dans un espace sécurisant. Vos larmes ne seront ni jugées, ni interrompues. Elles feront leur travail neurochimique, dans un cadre qui les accueille.


Références :

  • Bylsma, L. M., Gračanin, A. & Vingerhoets, A. (2019). The neurobiology of human crying. Clinical Autonomic Research, 29(1), 63-73.

  • Gračanin, A. et al. (2014). Is crying a self-soothing behavior? PMC.

  • Genova, F. et al. (2021). Patients' crying experiences in psychotherapy. Psychotherapy, 58(1), 160-171.

  • Harvard Health Publishing (2021). Is crying good for you?



Pourquoi ces outils sont dans une seule trousse — et pourquoi ils passent par les 5 sens


Reprenons la Trousse, mais cette fois par un autre angle. Regardez ce que chaque outil sollicite :


- La vue — le dessin projectif, les crayons de couleur, le journal

- Le toucher — la pâte à modeler, les balles anti-stress, le coussin de frappe, le bâton de rotin

- L'odorat — l'huile essentielle de lavande qui accompagne la pâte à modeler

- L'ouïe — le son de la frappe sur le coussin, sa propre voix, la voix du thérapeute, la respiration guidée

- Le goût — les larmes, quand elles viennent


Ce n'est pas un hasard. La Trousse active les cinq sens. Et les cinq sens sont la porte d'entrée directe vers le système émotionnel.


Ce que les neurosciences disent du lien entre les sens et les émotions


Les informations sensorielles — ce que vous voyez, touchez, sentez, entendez — sont traitées par le système limbique, et en particulier par l'amygdale, la structure cérébrale qui évalue la charge émotionnelle de chaque stimulus.


Mais tous les sens n'empruntent pas le même chemin pour y arriver. La vue, le toucher, l'ouïe et le goût passent par le thalamus — le relais central du cerveau — avant d'atteindre le cortex puis l'amygdale. L'odorat, lui, est le seul sens qui court-circuite le thalamus : les signaux olfactifs voyagent du bulbe olfactif directement vers le cortex piriforme, l'amygdale et l'hippocampe (Rolls, 2019 ; Wilson et al., 2014). C'est pour cette raison qu'une odeur peut instantanément ramener un souvenir d'enfance avec une intensité émotionnelle que la parole ne produit jamais.


Le goût et l'odorat sont souvent confondus — on dit « le goût du café » alors qu'on parle en réalité de son arôme. Les neurosciences les classent ensemble comme les deux « sens chimiques » (système chémosensoriel), parce qu'ils détectent tous deux des molécules chimiques dans l'environnement (Rolls, 2019). Mais leurs voies cérébrales sont distinctes :

Le goût passe par les nerfs crâniens VII, IX et X, puis le noyau du tractus solitaire, puis le thalamus, puis le cortex gustatif dans l'insula antérieure.

L'odorat, lui, arrive à l'amygdale sans ce détour. Les deux voies finissent par converger dans le cortex orbitofrontal, où goût et odorat fusionnent pour créer ce que nous appelons la « saveur » — mais c'est l'odorat qui atteint le système émotionnel en premier et le plus directement.


En thérapie, passer par les sens plutôt que par la parole permet de court-circuiter les défenses cognitives. Quand un patient pétrit la pâte à modeler, il n'est pas en train de « réfléchir » à son émotion — il est en train de la vivre dans ses mains. Quand il frappe le coussin, il ne « pense » pas sa colère — il la décharge par le geste. Quand il sent la lavande, il ne décide pas de se calmer — son système nerveux le fait pour lui.


C'est exactement ce que les approches somatiques contemporaines — Peter Levine (*Somatic Experiencing*), Pat Ogden (*Psychothérapie sensorimotrice*), Bessel van der Kolk (*The Body Keeps the Score*) — ont démontré : le trauma, l'anxiété, la colère ne sont pas seulement « dans la tête ». Ils sont encodés dans le corps, dans les muscles, dans le souffle, dans les réflexes sensoriels. Les résoudre exige de repasser par la voie sensorielle — par le corps — pour atteindre l'émotion là où elle est stockée.


L'huile essentielle de lavande : l'odorat comme voie express vers l'émotion

L'huile essentielle de lavande (*Lavandula angustifolia*) qui accompagne la pâte à modeler dans la Trousse n'est pas un parfum d'ambiance. C'est un outil pharmacologiquement actif. Ses deux composants principaux — le linalol et l'acétate de linalyle — agissent sur le système nerveux central en inhibant les canaux calciques voltage-dépendants, en réduisant l'activité des récepteurs 5HT1A (sérotonine) et en augmentant le tonus parasympathique (Malcolm & Tallian, 2018, *Mental Health Clinician*).


En termes concrets : la lavande calme sans endormir. Son effet est anxiolytique sans être sédatif — ce qui la distingue des benzodiazépines.


Les données cliniques sont solides. Une méta-analyse de Donelli et al. (2019), publiée dans *Phytomedicine*, conclut que l'inhalation de lavande montre une indication d'effet anxiolytique de taille raisonnable. Une revue systématique plus récente (2023, *Healthcare*, 11 études, 972 participants) rapporte que 10 études sur 11 montrent une réduction significative de l'anxiété après inhalation de lavande. Et une méta-analyse de Kang et al. (2021, *PubMed*) portant sur des essais contrôlés randomisés mesure un effet significatif sur l'anxiété (Hedges' ĝ = -0.72, p < .001) et la dépression (ĝ = -0.43, p < .001).


En séance MIGS, quand le patient pétrit la pâte à modeler imprégnée de lavande, deux voies thérapeutiques s'activent simultanément :

la voie tactile (toucher → extérocepteurs → feedback sensorimoteur) et

la voie olfactive (inhalation → bulbe olfactif → amygdale → système parasympathique).

Le corps se régule par les deux chemins en même temps.


La Trousse comme système intégré


La Trousse thérapeutique MIGS n'est donc pas une collection d'objets.

C'est un système sensoriel intégré, conçu pour activer les cinq portes d'entrée vers le système émotionnel. Chaque outil sollicite un sens — ou plusieurs — pour atteindre l'émotion là où elle se trouve : non pas dans la pensée, mais dans le corps.


C'est aussi un système qui couvre les cinq piliers de la méthode MIGS :

le mental (journal),

l'émotionnel (mouchoir, balles, lavande),

le physique (coussin, bâton, pâte),

le relationnel (le cadre thérapeutique lui-même) et

le spirituel (la reconnexion à soi par le geste, le souffle, l'écriture).


Aucun autre praticien ne propose cela. Et chaque objet repose sur des décennies de recherche.


**Références :**

- Malcolm, B. J. & Tallian, K. (2018). Essential oil of lavender in anxiety disorders: Ready for prime time? *Mental Health Clinician*, 8(4), 147-155. PMC6007527.

- Donelli, D. et al. (2019). Effects of lavender on anxiety: A systematic review and meta-analysis. *Phytomedicine*, 65, 153099.

- Kang, H. J. et al. (2021). Effects of Lavender on Anxiety, Depression, and Physiological Parameters: Systematic Review and Meta-Analysis. *PubMed*.

- Revue systématique (2023). Anxiety-Reducing Effects of Lavender Essential Oil Inhalation. *Healthcare*, 11(22), 2978. PMC10671255.

- Van der Kolk, B. (2014). *The Body Keeps the Score*. Viking.

- Levine, P. (1997). *Waking the Tiger: Healing Trauma*. North Atlantic Books.

- Ogden, P. et al. (2006). *Trauma and the Body: A Sensorimotor Approach to Psychotherapy*. W. W. Norton.


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